Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur le Président de l’Union des Combattants de Buc,
Mesdames et Messieurs les membres de l’Union des Combattants de Buc,
Mesdames et Messieurs les représentants de nos forces armées,
Chers amis, Chers concitoyens, et surtout, Chers jeunes du Conseil Municipal des Enfants et du Conseil Municipal des Jeunes présents parmi nous aujourd’hui,
Le 8 mai 1945, le général de Gaulle déclare à la radio : «La guerre est gagnée ! Voici la Victoire ! C’est la Victoire des Nations Unies et c’est la Victoire de la France !».
C’est toujours avec une émotion profonde que nous nous rassemblons, année après année, le 8 mai, devant ce monument aux morts. Ces pierres portent les noms de celles et ceux qui, il y a plus de 80 ans, ont offert leur jeunesse, leur courage et parfois leur vie, pour que nous puissions vivre libres.
Le 8 mai 1945 n’est pas qu’une date dans les livres d’histoire : c’est le jour où l’Europe, meurtrie mais debout, a retrouvé l’espoir après des années d’obscurité.
C’est le jour où des hommes et des femmes, venus de tous les horizons, ont scellé par leur sacrifice une promesse : celle que plus jamais la barbarie ne triompherait.
Se souvenir, c’est d’abord honorer.
Honorer ces soldats, ces résistants, ces déportés, ces civils qui ont enduré l’innommable. Parmi eux, des Bucois : des visages que nos aînés ont connus, des familles que nos rues ont portées. Leur mémoire n’appartient pas seulement au passé : elle est vivante, parce qu’elle nous questionne encore.
Je veux ici saluer particulièrement la présence de l’Union des Combattants de Buc.
Votre engagement, votre ténacité à transmettre cette mémoire sont précieux. Vous êtes les gardiens d’une flamme que rien ne doit éteindre.
À vous, les jeunes, qui êtes là aujourd’hui, Je veux dire merci. Merci d’être présents, merci de porter avec nous ce flambeau de la mémoire, merci pour vos interventions de tout à l’heure que vous avez soigneusement préparées.
Vous, membres du Conseil Municipal des Enfants et du Conseil Municipal des Jeunes, vous incarnez l’espoir que nous transmettons. Car se souvenir, ce n’est pas seulement regarder vers le passé : c’est aussi construire l’avenir, c’est comprendre, questionner, et s’engager pour que les valeurs de paix, de solidarité et de respect triomphent toujours.
Se souvenir, c’est aussi tirer les leçons de l’Histoire.
Le 8 mai 1945, l’Europe exsangue découvrait l’ampleur de ses blessures. Pourtant, de ces ruines est née une espérance : celle d’une Europe unie, où les peuples, autrefois ennemis, choisiraient la coopération plutôt que la confrontation. Cette Europe, c’est un bien très précieux.
Elle n’est pas une évidence, mais le fruit d’une volonté obstinée de tourner la page des nationalismes meurtriers qui avaient marqué le début du siècle dernier.
L’Europe, cette grande idée née des cendres de la Seconde Guerre mondiale, a été notre rempart. Imparfaite, certes, mais porteuse d’une promesse : celle d’un continent uni, où les frontières ne seraient plus des lignes de fracture, mais des ponts.
Grâce à elle, des générations ont pu voyager librement, étudier et travailler à l’étranger, échanger et grandir ensemble en faisant de notre quotidien une réalité plus sereine.
Pourtant, cette Europe, à l’heure où certains veulent retirer son drapeau de nos mairies, de nos bâtiments publics ou d’ailleurs, nous devons la renforcer.
La paix que nous vivons aujourd’hui n’est pas un acquis. Elle est fragile. Regardez autour de nous : la guerre en Ukraine depuis 2022, les conflits au Moyen-Orient, les tensions qui traversent le monde nous rappellent que la paix se gagne, se défend et se cultive chaque jour, par notre vigilance, par notre refus des discours de haine et d’exclusion, par notre attachement à la démocratie.
Et les menaces ont changé de visage : guerres économiques, cyberattaques, tentatives de déstabilisation de nos démocraties. La paix ne se décrète pas, elle se protège. Et cela passe aussi par notre défense, en France comme en Europe.
Investir dans nos armées, dans notre souveraineté, dans notre résilience, c’est honorer ceux qui se sont battus avant nous.
À ceux qui, aujourd’hui, portent l’uniforme, qu’ils soient soldats, gendarmes, pompiers ou réservistes, je veux dire notre reconnaissance. Vous incarnez cet engagement au service de la nation, parfois au péril de votre vie. Vous êtes les gardiens de notre sécurité, les garants de notre liberté. Et votre dévouement force
notre respect.
Alors au nom tous ceux qui sont présents aujourd’hui je veux vous dire merci.
Se souvenir, enfin, c’est agir. Agir pour que cette mémoire ne soit pas un simple hommage, mais une boussole. À Buc, nous avons choisi de perpétuer cette commémoration en y associant les écoles, les jeunes, les habitants, parce que la transmission est un acte politique. Et nous continuerons à le faire, année après année.
Mais au-delà des cérémonies, c’est dans notre quotidien que se joue l’héritage du 8 mai 1945 :
- En défendant une République laïque et solidaire, où chacun trouve sa place.
- En soutenant les initiatives qui luttent contre l’oubli, comme les projets pédagogiques dans nos établissements scolaires.
- En tissant des liens avec nos voisins européens, parce que la paix se construit aussi par des gestes concrets : les échanges culturels, les jumelages, la coopération économique.
Mesdames et Messieurs, Avant de nous recueillir, je voudrais redire toute la gratitude de notre commune envers ceux qui, hier, ont fait le choix de la résistance.
Et envers vous, aujourd’hui, qui faites le choix de la mémoire.
Alors, en ce 8 mai, ne nous contentons pas de commémorer la fin de la guerre.
Agissons. Transmettons. Expliquons à nos enfants, à nos petits-enfants, pourquoi ces dates comptent.
Pourquoi la démocratie, la liberté, la fraternité ne sont pas des mots creux, mais des combats permanents.
La paix est un bien précieux. Elle est le fruit de sacrifices, de vigilance, de volonté. À nous de la préserver. À nous de la faire vivre et de faire vivre, dans nos actes comme dans nos cœurs, l’idée que l’humanité peut choisir la lumière plutôt que les ténèbres.
Vive l’Europe libre. Vive la République. Et vive la France !